4. Nouvelles Vies

Samedi 1 Août 2026

Un bébé, ça change tout. Et dans le tout, il y a pleins de choses. Je voulais revenir pour en parler, laisser une trace (discrète) de cette expérience. Ce n’est pas un article sur quelque chose, c’est un article sur un vécu, une observation (côté père). À ce titre, il se peut que j’y revienne de temps à autre. Peut-être…


Je n’irai pas trop dans les détails bien sûr, mais je pense qu’il y a quand même des idées, des perspectives communes que j’ai trouvé sur le chemin. Je ne sais pas trop comment présenter cela.


Mon dernier article sur ce site, date du 29 Octobre 2025. Nous sommes aujourd’hui le 1er Août 2026 quand j’écris ces lignes, soit un retour après 200 jours précisément.
Ce n’est pas grave, c’est juste une preuve que pour moi, le temps s’est relativisé davantage car auparavant, jamais je n’aurais laissé un tel gap se produire.


Je vais faire 2 listes : les points qui ont particulièrement retenu mon attention dans les livres, et ce que j’ai appris sur le tas. Pour les livres j’en ai acheté environ 5 ou 6 en occasion, mais je n’ai pas eu le temps de finir le 3ème. Je pense qu’il y avait plus un besoin de me rassurer psychologiquement. J’ai acheté “La Grossesse pour les nuls“, “Devenir Papa pour les nuls“, et “La 1ère année de bébé pour les nuls“.



À partir des livres :

– Les différentes étapes biologiques de la grossesse, jusqu’à la première année. (C’est beaucoup d’informations que je ne peux pas détailler)



– Comment gérer les premières visites de la famille à l’hôpital. C’était pllus de la théorie car en pratique ce n’était pas la même chose bien sûr.



– Lors de la naissance, dans la salle d’accouchement, il peut arriver que l’équipe médicale procède directement à la coupure du cordon ombilical sans forcément demander au père. Si le père désire couper le cordon, il devra donc gentiment le demander.



– Pour couper le cordon, il faut y aller d’un coup sec. (Et pas de discours juste avant du style : “Et ainsi, nous célébrons l’inauguration d’une nouvelle vie dans ce monde blablabla…”)



– À la naissance, le bébé change sa façon de s’alimenter : ce n’est plus par le cordon ombilical. Il peut donc perdre 10% de son poids lors de cette transition. C’est normal, puis le poids remonte.



– La présence du père se portera davantage sur la logistique. Il faut s’attendre à être sollicité pour aller chercher des choses, voir faire quelques allers retours en pharmacie. Il s’agit de combler des besoins nouveaux et imprévisibles.



– L’étape de la « délivrance » n’est pas l’étape où le bébé est délivré par une cigogne. C’est celle où l’équipe médicale enlève les restes du placenta de l’intérieur du ventre de la mère (juste après l’accouchement).



– Comme toutes les étapes au moment de la sortie du bébé, il est recommandé au père de ne pas regarder car il peut exister un phénomène de trauma. Si l’on peut dire que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire, alors toutes les choses ne sont pas forcément bonnes à voir… J’ai pas osé prendre le risque.



Apprentissage sur le tas :

– Dans cette société, le bébé fait partie du système avant sa naissance. Il est observé, surveillé, suivi. On aura beau avoir une période rebelle à l’adolescence, plus ou moins hors des clous, c’est quand même un choc de se dire qu’avant même sa propre naissance, il y avait déjà des analyses qui donnaient une estimation du poids, la santé globale du foetus, et même la date approximative de l’accouchement…



– Plus un regard qu’un apprentissage, mais la technologie de la civilisation (en France) permet aux parents de se préparer à accueillir le bébé grâce à des cours gratuits (qui n’ont pas d’ordre, chaque cours est indépendant) qui sont prodigués dans l’hôpital. Cela peut prendre des sujets comme la gestion de la douleur, l’alimentation du bébé ou encore le moment de l’accouchement. Pour ces cours, il n’y a eu que des mères, sage femme. Que ce soit la péridurale, l’observation par échographie, ou même une perfusion pour combler une carence : la naissance bien que naturelle, est en réalité une accumulation d’utilisations technologiques. Ce sont des prouesses qui se sont améliorées au fil du temps. C’est une chance immense, lorsque l’on peut sereinement en bénéficier.



– Avoir un bébé change la vision des parents des parents. (en tant que parents, on ne voit plus ses propres parents de la même façon, on peut même s’en rapprocher). Lorsque l’on attend longtemps dans l’hôpital, on peut imaginer ses parents devoir faire la même chose des décennies auparavant. Lorsque la naissance se produit, il faut penser que cela ne change pas que le couple, mais aussi la famille. Il faut ainsi gérer les grands-parents.



– Après l’accouchement on reste dans la chambre à la maternité, comme dans une chambre d’hôtel, on nous sert des repas. C’est reposant, mais ça ne va pas durer ! Ce dont je me suis rendu compte avec amusement, c’était que l’on ne pouvait en sortir que grâce au poids du bébé. Engraisser le bébé était notre clé pour sortir de la maternité… J’y garde de très bons souvenirs. Et de retour à la maison, c’est toute une réorganisation qu’il faut faire, surtout pour la nourriture.



– À la maternité toujours, on est pleins de nouveaux parents. J’y ai croisé pleins de pères. On a traversé des émotions fortes et on se retrouve là, dans la connivence de l’instant, comme une connexion humaine qui fait du bien. Juste vouloir que son bébé soit en bonne santé, et puisse manger à sa faim, c’est sans doute le point commun de tous les parents, qu’ils soient en France, ou ailleurs.



– Cela aurait été intelligent de préparer la gestion de l’énergie du couple, notamment les premières nuits de bébé et d’installer des shifts par exemple : 1er parent de 23h à 4h, et l’autre parent de 4h à 8h. Je ne sais pas si tous les parents font cela, mais de notre côté, nous avions assez peur du phénomène de mort subite : l’enfant ne respire plus pour x raison…



– Les biberons ne sont pas tous les mêmes, ils ne sont pas compatibles entre eux, et il existe des marques très différentes, avec plusieurs vitesses de débit de lait.



– Les selles du bébé donnent des informations sur sa santé.



– Comme le temps, l’énergie se relativise. Il est possible de se surpasser pour le bébé, comme si ses gémissements nous donnaient une force instinctive à faire ce qu’il faut, même au beau milieu de la nuit, même lorsqu’on ne pensait pas pouvoir le faire. On entre dans une grande période de premières fois, où l’on sort constamment de zones de confort.



– Devenir père, c’est accepter plus de responsabilités, il y a un rôle à incarner, une nouvelle place qu’il faut habiter. Bien qu’il soit difficile voire impossible d’être toujours bon, c’est comme ça. C’est aussi prendre conscience que sa propre santé physique et mentale est plus importante qu’avant. Tomber malade « coûte plus cher ».



– Lorsque bébé arrive enfin à dormir dans son lit ou cododo, et qu’il est possible de sortir de la chambre pour enfin faire autre chose, il se peut que l’on se tortille pour brancher la babycam et que l’on se faufile vers la sortie, tel un voleur dans sa propre maison.



– Il est plus simple d’attendre que le bébé dorme pour lui couper les ongles. (Quand le bébé a plusieurs mois déjà)



– J’ai compris la phrase « profitez-en, ça passe tellement vite » que l’on me disait plusieurs fois. Cette phrase parce que le bébé change très vite. Son visage, son poids, ses cheveux, sa façon de nous regarder… ainsi, le mois passe, et c’est déjà un « autre » bébé dans le sens où l’on ne verra plus sa version précédente.


Ah la la… si jeune et déjà dans l’ingratitude…

Allez j’arrête cette liste. Je suis content d’avoir écrit d’une traite. Pardon pour mes amis ou mes joyeuses connaissances, je m’isole extrêmement facilement de base, alors qu’est-ce qui se passe quand à plus fortes raisons, il s’agit de s’occuper d’un petit koala qui ne me lâche pas… eh bien je disparais tout bêtement, tel un ours.


Aïe Aïe Aïe ça y’est je n’écris plus qu’avec une main sur le clavier. Mon bébé vient de se réveiller. Une fois dans mes bras, l’apaisement est revenu. Je n’arrive pas à écrire cette fin, alors je vais prendre les mots d’un autre :


« Tu n’as pas idée de l’amour qu’on peut avoir pour ses enfants.Tu ne peux pas. C’est impossible. C’est comme vouloir décrire la couleur du vent, faire tenir l’océan dans un verre à vin, ou attraper le tonnerre à pleines mains (…) C’est porter son âme à l’extérieur de soi. » @pticrayon sur Amstragram ;)…